Historique calotte
L'origine et l'évolution d'un symbole étudiant.
La calotte trouve ses origines dans le couvre-chef des zouaves pontificaux au XIXe siècle. Adoptée par les étudiants de l'Université Catholique de Louvain (UCL) vers 1895, elle s'est rapidement imposée comme le symbole de l'identité étudiante catholique en Belgique.
Plus qu'un simple chapeau, la calotte est un "curriculum vitae" ambulant. Chaque insigne, chaque couleur et chaque pli raconte une partie de l'histoire personnelle de l'étudiant : ses réussites académiques, ses engagements associatifs et ses voyages.
Les couleurs nationales belges
Origines du couvre-chef
1884 : Les étudiants non-confessionnels portaient la casquette, les étudiants catholiques portaient la toque. En juin, les élections remportées par les catholiques donnent suite à une guerre scolaire. La casquette devient petit à petit la crapuleuse, pour finir par devenir la penne que l'on connaît aujourd'hui — marque d'appartenance à une université libre.
1895 : Fondation de la SGBEC le 31/01/1895. La faluche ne sera pas retenue comme couvre-chef car considérée comme trop française, et la penne non plus car vue comme quelque chose de voyous.
Le nom : Le terme "calotte" vient de l'appellation choisie par les étudiants de l'ULB pour désigner ceux de l'UCL : les "calottins" (2 "T" pour l'UCL, 1 seul "T" pour désigner quelqu'un de simplement lié à la religion).
Le design : deux inspirations
Emile Jourdain (sculpteur) a dessiné la calotte, alors nommée "toque d'astrakan". Il s'est inspiré de :
- •Le bonnet des volontaires de 1830 pour le côté patriotique
- •Le colbac des zouaves pontificaux pour le caractère catholique
Elle représente donc trois valeurs : le patriotisme, le royalisme et le catholicisme.
Les Fondateurs
| Fondateurs de la SGBEC (1895) | |
|---|---|
| Edmont de Carton de Wiart | Victor & Raymond Bilaut |
| Dr Henrard & De Jong | Emmanuel & Albert Lemaire |
| Armand Thiery | G. Hooriclix |
| A. Van Mearbeek | P. Crokaert |
| C. Degen | Léopold De Moran |
Souvent cité comme seul fondateur bien que ce ne soit pas le cas. Personnage très charismatique, il avait 19 ans à la fondation. Il a été secrétaire du Roi Léopold II et Grand Maréchal de la Cour sous le règne de Baudouin.
Grand voyageur, il a ramené de nombreuses connaissances sur les folklores. C'est de son idée de s'inspirer du colbac des zouaves pontificaux. Selon une anecdote lancée lors de ses funérailles : "C'est lui qui, avec M. Thomas Braun, lança la toque comme coiffure des étudiants."
Sociétés fédératrices
Fondée le 31/01/1895, dissoute en 1953. Originellement la "Gé Bruxelloise", c'était la plus ancienne association étudiante bruxelloise. Créée par Edmont Carton de Wiart, Thomas Braun, Raymond Van Swieten, Dr. Félix Henrard et Guillaume de Myttenaere. Elle regroupait les étudiants bruxellois de Louvain, le CSL et le CICHEC, avec pour objectif de fédérer les étudiants catholiques contre les libéraux. Elle a disparu suite à un bal de gala trop onéreux, organisé près du Coudenberg.
Créée quelques années après la mort de la SGBEC, elle disparaîtra lors du transfert en ambulance (1968). La régionale bruxelloise sera remise sur pied en 1986.
L'ordre national le plus ancien et le plus prestigieux. Reconnu comme Société Royale en 1995, il a deux objectifs : fédérer les étudiants calottins et associations reconnues, et distinguer ceux qui ont œuvré au rayonnement de la calotte.
Créé en 1895 au sein de la Gé Bruxelloise sous le nom "Ordre de la Calotte", réapparu en 1965 grâce à l'Ordre FVMdM.
- • Structure : un directoire (dirigeants) et un conseil de la calotte (ouvert à tous les passages reconnus)
- • Directoires : 2 par an — le premier pour les statuts et nouvelles calottes, le second pour élire le nouveau comité (au banquet annuel)
- • Présidence : tourne chaque année entre les régions : BXL → VL → WL
- • Symbole : croix pattée à bras triangulaires dorée
- • Devise : "Sans Peur ni Bravade"
- • Couleurs : gueule et sinope avec liserets beige
- • Hymne : Chant des calottins
Le praeses d'une corona CCS porte le collier OSC.
La Guerre Folklorique et Linguistique
Une opposition symbolique entre étudiants libres et étudiants catholiques, traduite dans leurs couvre-chefs et accessoires respectifs.
Étudiants libres (ULB)
- Penne
- Chaînes
Les ULBistes ont gardé leurs chaînes, mais elles ne servent plus à battre les calottins.
Étudiants catholiques (UCL)
- Calotte
- Canne, pipe et gourdins
- Chope
La pipe et la chope ont depuis été abandonnées.
Historique dans le Temps
Avant 1960
Les étudiants catholiques pouvaient obtenir leur calotte de manière symbolique pour leur foi.
1953
La SGBEC disparaît et la calotte se fait rare.
1965
Un groupe de calottés, essentiellement issu de l'Ordre de François Villon de Montcorbier, ré-instaurent la calotte par l'Ordre Souverain de la Calotte (OSC).
1968
La guerre linguistique éclate et le mouvement "Walen Buiten" exige la fermeture de la partie francophone de l'université. La calotte existait déjà en Flandre mais était associée aux Wallons, tandis que la penne était plus associée aux Flamands.
1971
Pose de la 1ère pierre de Louvain-La-Neuve et de l'UCL. Le transfert des étudiants wallons est appelé le "transfert en ambulance". Toutes les régionales existantes disparaissent, sauf la Luxembourgeoise.
Début des années 1980
La calotte est considérée comme sale, elle est rare chez les filles et beaucoup de gens pissaient dedans. Le tablard est plus porté que la calotte comme signe de baptisé.
1981 – 1982
Première corona à Namur. Namur comptera les années de calotte à partir de cette année académique.
1985 et fin des années 1980 : Renaissance
Fin des pratiques dégradantes du passage de calotte et renaissance des régionales. Les ordres cherchent à promouvoir une calotte obtenue via une corona demandant de véritables connaissances. Les passages anciens (affonds) restent plus longtemps à Bruxelles, mais la méthode des coronae de Louvain-La-Neuve s'impose rapidement.
De nos jours
La calotte est très similaire à celle du XIXe siècle, mais les traditions qui l'entourent — comme les coronae — sont relativement récentes.
Coutumes d'Obtention
Jusque dans les années 1970, les passages de calotte et les coronae n'avaient rien à voir avec ce que l'on connaît aujourd'hui. Les étudiants achetaient leur calotte seuls et de leur propre gré après leur baptême, voire même parfois sans baptême (comme à Saint-Louis, encore possible chez certains à Louvain-La-Neuve).
Les coronae avec des obligations de connaissances et de motivation n'existaient que dans certains ordres. C'est au fil des années 1980-1990 qu'elles sont devenues la norme, portées par la volonté de revaloriser la calotte comme symbole méritoire.
Insignes et Décorations
Seuls les étoiles et insignes facultaires ornaient la calotte.
Introduction des blasons et associations. De nombreux nouveaux insignes font leur apparition.
Les positions des insignes sont réglementées, mettant de l'ordre dans une pratique jusque-là informelle.